traces


janvier 2012: les portes: (audio de ce mois: jmi france culture 2000; poème: "la liberté qui nous lie"):
Apprendre à vivre c'était donc ça
Quand la radio joua la chanson
Il me revint notre innocence
C'était le temps du tout possible
Où l'on ne s'aimait pas encore
On se croyait si dissemblables
On se trouvait bien l'un sans l'autre
Pourtant déjà inséparables
Notre adolescence à vingt ans
Et à vingt-cinq et même à trente
Découvrir que le monde exclut
Ce qui ne lui ressemble pas
On ne savait pas l'impuissance
Qui nous révolte sans nous surprendre
Ces dix ans-là c'est notre livre
Ce qu'on a fait et qui est là
Notre amour notre cathédrale
Ce sentiment d'échec inévitable, la vie
Ni certitudes ni le doute seulement vivre
Les cœurs les corps sans la mémoire
Paris de toutes nos histoires
Les obsessions nos feux de paille
Les adolescents décidés
Je découvrais les gens qui comptent
Tu étais crédule à leurs mensonges
On a démythifié le vide
Ils sont aujourd'hui ce qu'ils sont
On ne s'encombre plus de ça
Allez donc voir ailleurs, ici c'est nous
Tu finis par écrire tes rêves
Tu disais enfin le non dit
Je n'ai pas oublié ce pays
A toi de ne pas l'oublier
J'ai posé mon regard ici ailleurs où je voulais
J'ai cherché qu'est-ce que j'ai trouvé
Ce que j'avais toi et mes yeux
Les jardins nous appartenaient
Ensemble on apprenait à vivre
Ensemble ce mot changeait tout
Et je voulais comme un forçat
J'allais redire les mêmes mots
Dix ans qu'on porte tels une plaie
Celle de voir ce qu'on a vu
Dix ans qui font nos souvenirs et nos réveils
Dix ans qui sont notre montagne
On est là-haut toujours intacts
C'est un miracle
Tu te souviens il y a dix ans
Je suis triste et je suis heureux
Tu m'as fait autre en fin de compte
Et je te rendais à toi-même
On créait la fraternité
Dans le marbre de l'exigence
On a parfois le sentiment de l'impossible
Encore une fois le temps prouvera que non
Car nous avons fait le plus dur
Rester libres au milieu d'eux
S'aimer quand tout nous éprouvait
Connaître un peu le monde et soi- on est paré
Moi qui voulais me souvenir
Nos dix années à s'éveiller
Les mille nuits de nos désirs
Tous les visages sublimés
Et tous les masques qui tombaient
Le vin la viande et les encens
Notre façon de se ressembler
Les mêmes lieux les habitudes
Celui qui vint tenter sa chance
Et de nous deux fit un trio
Pourtant tout en le redoutant
Je ne parle que d'aujourd'hui
Et de demain si mystérieux
Mais je comprends le paradoxe
Demain naîtra d'hier
Inévitablement
Ou il ne sera pas

La souffrance de l'inachevé
C'est dérisoire mais comment faire
C'est quand nous apprenions l'éphémère
La grande illusion de créer
Qu'on y succombait nous aussi
Il aurait fallu être sage
Et si j'étais ma propre création la seule ?
Celle que les autres copieraient
On est injuste envers nous-mêmes
Perpétuellement insatisfaits
Pourtant en toi je trouve une raison de vivre
Et puis le reste qui en dépend
On a appris la liberté
Celle qui refuse et qui arme
Dieu merci on n'est pas heureux
On sait la fin et le début

On peut rester pendant des heures
A repenser aux plaisirs
Aux passions qui nous émerveillent
Je me souviens d'une nuit blanche
Je me souviens de tant de choses
Que je ne peux en dire une seule
On n'a pas vécu quinze vies
Mais toute une vie déjà c'est sûr
Nous sommes devenus des jumeaux
Rien ne pourra plus nous délier
Tu voudras encore t'échapper
Le réel me fera souffrir
Cette certitude c'est notre force
C'est la force de ces dix ans
La vie qui nous semble avancée
Et parfois même presque finie
Ce n'est que l'envers de la force
Voilà ce que je crois
Voilà ce que tu vis
Ensemble on découvrait les chemins
Nos chemins seront différents
Mais on continuera ensemble
C'est ça qui nous permet de vivre
Elle n'a pas fini d'étonner
La force de la liberté ©

(quand tu vois les images de Berlin dévastée à la fin de la guerre, rien que des pierres, plus un seul arbre, tu ne peux pas ne pas voir cette ville comme une personne, détruite, finie, la peau sur les os, le regard perdu, et ça te bouleverse de voir ça, cette image qu'on aurait du mal à croire si on ne la voyait pas dans des documents d'archives, de voir ça et de penser que cette personne a survécu, a fini par resplendir à nouveau, et ça te bouleverse aussi de te dire que tu vis là, sur la fin et le début...je fais des changements à mon site, peu à peu, patience... année électorale, triple A, moi, j'ai qu'un seul A, comme ange, pour m'éclairer...)

LEROUGEETLENOIRJULIENSOREL


décembre 2011: notre histoire: (à propos de Noël, un extrait de "Undead"): "je suis rentré à Noël dans la famille, je m'étais décidé, le 25 décembre j'ai pris ma mère à part, elle sentait bien que ça tournait pas rond, elle m'a dit c'est à cause d'une fille ?, j'ai dit non c'est plus compliqué, on est allés dans ma chambre, c'est là que je l'ai dit, sans tourner autour du pot, elle s'est mise à pleurer, c'est un classique dans ce genre de circonstances : elles pleurent pour ça, tout de suite elle a voulu que mon père sache, il a rien dit mon père, il a dit c'est sa vie, et puis tout de suite, dans la foulée, on a regardé la télévision, parce qu'y avait un de Funès, ce jour-là on a moins ri que d'habitude avec de Funès, le soir je les ai entendus qui parlaient, lui il disait quelque chose comme tu sais c'est plus courant qu'on pense, impeccable ton père, c'était ça l'acte d'amour de lui pour moi que j'oublierais pas, avec ma mère ça faisait que commencer notre histoire, elle s'en doutait pas du tout contrairement à ce que je croyais, elle a peut-être pensé que ça passerait, c'était fini le temps où je voulais que ça passe, c'était là pour plus jamais passer, dans les jours suivants elle a dit on veut que ton bonheur mais on en parlera plus, moi si j'avais parlé, c'était justement pour qu'on en parle encore, on reparlerait d'ailleurs, elle a toujours dit non avant de dire oui, à ses yeux j'étais plus du tout normal : ni meilleur ni pire mais plus du tout normal, ce serait le péché originel qui justifierait toutes les suspicions, pour tout, je suis reparti à Paris, je leur ai écrit une longue lettre qui disait en substance que c'était pas sale ce que je leur avais raconté, je savais bien qu'avec mon aveu, ils se feraient de fausses idées sur moi, elle surtout, elle était à cent lieues de ces choses ma mère, elle devait s'imaginer Dieu sait quoi, plein de saletés avec des vieux vicieux, elle avait pas tout à fait tort non plus, je les aimerais les saletés à la longue, je trouverais ça pas sale du tout mais bon, en ce temps-là de saletés y en avait pas, je leur ai écrit que l'important c'était d'aimer, j'ai écrit plusieurs pages sur ça : l'important c'est d'aimer, à Paris j'ai retrouvé Vincent… ©"

(départ le 23, Noël à Dax, 31 décembre à Madrid, retour à berlin le 6 janvier, joyeux Noël!)

Perlimpinpin


novembre 2011: radio libre: (ancien texte écrit quand je faisais de la radio la nuit, j'avais 23 ans - texte tel quel, sans changer une virgule) : Paris, samedi 25 juillet, il m'est arrivé une chose formidable ce matin, tu sais, un de ces instants de bonheur comme on en a de temps en temps et qui te rendent tellement heureux. Je t'ai souvent dit et tu sais que ce ne sont pas des mots, que pour moi la chose la plus importante dans la vie c'était l'amour, la chose en fonction de laquelle je voulais faire tous mes choix. Et c'est vrai que depuis que je suis tout petit, et mes rêves sont là pour témoigner, je ne me rappelle pas une seule journée où je n'ai pas eu envie d'aimer, d'être amoureux. J'ai toujours été dans cette situation merveilleuse et angoissante en même temps d'attente de l'amour, sauf quand je l'avais trouvé mais tu sais qu'à chaque fois ça n'a jamais vraiment duré. Pourtant tu te rappelles que depuis février je t'ai souvent dit que je ne me sentais plus disponible, que je n'avais plus vraiment envie d'aimer et de donner, et tu sais, pour moi c'est un peu comme une cessation de vivre. Ceci dit, je savais pourquoi j'étais comme ça, je venais d'être déçu, très déçu. Et puis ce matin, je ne sais pas pourquoi, ni comment mais, j'étais en train de me laver les dents, et puis soudain j'ai eu la sensation, merveilleuse, la sensation merveilleuse qui était revenue : j'avais de nouveau envie d'aimer. Je me suis regardé dans la glace, au-dessus de mon lavabo, j'ai souri, oui : j'étais guéri… ©

(j'en avais un peu assez de blogger, marre de radoter, maintenant je garde mon journal pour moi... je blogge autrement désormais, je laisserai des traces, comme du strass de vie et de vies, que ça brille et que ça résiste!)

Vigilance